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Sujets du bac. Années 2014 ; 2015…

SUJETS BACCALAUREAT 2014

Pondichéry : l’épreuve de philo qui s’est déroulée pour toutes les séries le 3 avril 2014.

Bac L philo 2014 : sujets de Pondichéry

Sujet 1 : Le désir nous éloigne-t-il d’autrui ?
Sujet 2 : L’Etat est-il au-dessus des lois ?
Sujet 3 : Explication de texte, AUGUSTIN, Du mensonge, début du Vème siècle

Bac ES philo 2014 : sujets de Pondichéry

Sujet 1 : La justice n’est-elle que pure convention ?
Sujet 2 : La solitude est-elle sans valeur ?
Sujet 3 : Explication de texte, HEGEL, Esthétique, 1835

Bac S philo 2014 : sujets de Pondichéry

Sujet 1 : Une oeuvre d’art peut-elle être immorale ?
Sujet 2 : Seul ce qui est démontré est-il prouvé ?
Sujet 3 : Explication de texte, B. RUSSELL, Science et religion, 1935

Bac techno philo 2014 : sujets de Pondichéry

– Sujet 1 : Un objet technique peut-il être une oeuvre d’art ?
– Sujet 2 : Etre libre, est-ce faire ce qui nous plaît ?
– Sujet 3 : Explication de texte, DESCARTES, Règles pour la direction de l’esprit, 1629

Liban : l’épreuve de philo qui s’est déroulée pour toutes les séries le 26 mai 2014

Bac L philo 2014 : sujets du Liban

1er SUJET : Faut-il faire l’éloge du travail ?
2ème SUJET : Peut-on se libérer du passé ?
3ème SUJET : Expliquer le texte suivant :

Il ne faut point confondre le bonheur avec la vertu. Il est certain que faire le bien pour le bien, c’est le faire pour soi, pour notre propre intérêt, puisqu’il donne à l’âme une satisfaction intérieure, un contentement d’elle-même sans lequel il n’y a point de vrai bonheur. Il est sûr encore que les méchants sont tous misérables, quel que soit leur sort apparent, parce que le bonheur s’empoisonne dans une âme corrompue,comme le plaisir des sens dans un corps malsain. Mais il est faux que les bons soient tous heureux dès ce monde, et comme il ne suffit pas au corps d’être en santé pour avoir de quoi se nourrir, il ne suffit pas non plus à l’âme d’être saine pour obtenir tous les biens dont elle a besoin. Quoiqu’il n’y ait que les gens de bien qui puissent vivre contents, ce n’est pas à dire que tout homme de bien vive content. La vertu ne donne pas le bonheur, mais elle seule apprend à en jouir quand on l’a : la vertu ne garantit pas des maux de cette vie et n’en procure pas les biens ; c’est ce que ne fait pas non plus le vice avec toutes ses ruses ; mais la vertu fait porter plus patiemment les uns et goûter plus délicieusement les autres. Nous avons donc, en tout état de cause, un véritable intérêt à la cultiver, et nous faisons bien de travailler pour cet intérêt, quoiqu’il y ait des cas où il serait insuffisant par lui-même, sans l’attente d’une vie à venir.

ROUSSEAU, Lettre à M. d’Offreville (1761)

Bac Série ES -philo 2014 : sujets du Liban

1er SUJET : L’histoire est-elle une science impossible ?
2ème SUJET : Peut-on vouloir la justice au mépris du droit ?
3ème SUJET :

Expliquer le texte suivant :

« Nous ne vivons pas d’abord dans la conscience de nous-même – ni même d’ailleurs dans la conscience des choses – mais dans l’expérience d’autrui. Jamais nous ne nous sentons exister qu’après avoir déjà pris contact avec les autres, et notre réflexion est toujours un retour à nous-même, qui doit d’ailleurs beaucoup à notre fréquentation d’autrui. Un nourrisson de quelques mois est déjà fort habile à distinguer la bienveillance, la colère, la peur sur le visage d’autrui, à un moment où il ne saurait avoir appris par l’examen de son propre corps les signes physiques de ces émotions. C’est donc que le corps d’autrui, dans ses diverses gesticulations, lui apparaît investi d’emblée d’une signification émotionnelle, c’est donc qu’il apprend à connaître l’esprit tout autant comme comportement visible que dans l’intimité de son propre esprit. Et l’adulte lui-même découvre dans sa propre vie ce que sa culture, l’enseignement, les livres, la tradition lui ont appris à y voir. Le contact de nous-même avec nous-même se fait toujours à travers une culture, au moins à travers un langage que nous avons reçu du dehors et qui nous oriente dans la connaissance de nous-même. Si bien qu’enfin le pur soi, l’esprit, sans instruments et sans histoire, s’il est bien comme une instance critique que nous opposons à la pure et simple intrusion des idées qui nous sont suggérées par le milieu, ne s’accomplit en liberté effective que par l’instrument du langage et en participant à la vie du monde. »

Maurice MERLEAU-PONTY, Causeries (1948)

Bac Série S -philo 2014 : sujets du Liban

1er SUJET : Peut-on enfreindre la loi au nom de la justice ?
2ème SUJET : Est-ce seulement par la raison qu’on peut accéder à la vérité ?
3ème SUJET : Expliquer le texte :

Il n’est pas douteux (…) que la force n’ait été à l’origine de la division des anciennes sociétés en classes subordonnées les unes aux autres. Mais une subordination habituelle finit par sembler naturelle, et elle se cherche à elle-même une explication : si la classe inférieure a accepté sa situation pendant assez longtemps, elle pourra y consentir encore quand elle sera devenue virtuellement la plus forte, parce qu’elle attribuera aux dirigeants une supériorité de valeur. Cette supériorité sera d’ailleurs réelle s’ils ont profité des facilités qu’ils se trouvaient avoir pour se perfectionner intellectuellement et moralement ; mais elle pourra aussi bien n’être qu’ une apparence soigneusement entretenue. Quoi qu’il en soit, réelle ou apparente, elle n’aura qu’à durer pour paraître congénitale : il faut bien qu’il y ait supériorité innée, se dit-on, puisqu’il y a privilège héréditaire. La nature, qui a voulu des sociétés disciplinées, a prédisposé l’homme à cette illusion

.BERGSON, Les Deux Sources de la morale et de la religion(1932)

Washington : l’épreuve de philo qui s’est déroulée pour toutes les séries le 27 mai 2014

Serie L

Série ES

Série S

Séries L – ES – S

Série L
Sujet 1 : Les oeuvres d’art éduquent-elles notre perception ?

Sujet 2 : Doit-on tout faire pour être heureux ?

Sujet 3 :

Expliquez le texte suivant

« J’ai traité le déterminisme physique de cauchemar. C’est un cauchemar parce qu’il affirme que le monde entier, avec tout ce qu’il contient, est un gigantesque automate, et que nous ne sommes rien d’autre que des petits rouages, ou des sous-automates dans le meilleur des cas.
Il détruit ainsi, en particulier, l’idée de créativité. Il réduit à l’état de complète illusion l’idée que, dans la préparation de cette conférence, je me suis servi de mon cerveau pour créer quelque chose de nouveau. Ce qui s’est passé là, selon le déterminisme physique, c’est que certaines parties de mon corps ont tracé des marques noires sur un papier blanc, et rien de plus : tout physicien disposant d’une information suffisamment détaillée pourrait avoir écrit ma conférence grâce à cette méthode très simple : prédire les endroits précis où le système physique composé de mon corps (y compris mon cerveau, bien sûr, et mes doigts) et de mon stylo tracerait des marques noires.
Ou, pour utiliser un exemple plus frappant : si le déterminisme physique est correct, alors un physicien complètement sourd, qui n’aurait jamais entendu de musique de sa vie, pourrait écrire toutes les symphonies et tous les concertos de Mozart ou de Beethoven, au moyen d’une méthode simple, qui consisterait à étudier les états physiques précis de leur corps et à prédire où ils traceraient des marques noires sur leur portée. Et notre physicien sourd pourrait même faire bien mieux : en étudiant les corps de Mozart et de Beethoven avec assez de soin, il pourrait écrire des partitions qui n’ont jamais été réellement écrites par Mozart ou Beethoven, mais qu’ils auraient écrites si certaines circonstances de leur vie avaient été différentes – s’ils avaient mangé, disons, de l’agneau au lieu de poulet et bu du thé au lieu de café. »

POPPER, La connaissance objective, 1972

Les connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte ; du problème dont il est question.

Série S

Sujet 1 : Vivons-nous pour être heureux ?

Sujet 2 : L’artiste est-il maître de son œuvre ?

Sujet 3 : Expliquez le texte suivant

« On voit clairement pourquoi l’arithmétique et la géométrie sont beaucoup plus certaines que les autres sciences : c’est que seules elles traitent d’un objet assez pur et simple pour n’admettre absolument rien que l’expérience ait rendu incertain, et qu’elles consistent toutes entières en une suite de conséquences déduites par raisonnement.
Elles sont donc les plus faciles et les plus claires de toutes, et leur objet et tel que nous le désirons, puisque, sauf par intention, il semble impossible à l’homme d’y commettre des erreurs. Et cependant, il ne faut pas s’étonner si spontanément beaucoup d’esprits s’appliquent plutôt à d’autres études ou à la philosophie : cela vient, en effet, de ce que chacun se donne plus hardiment la liberté d’affirmer des choses par divination dans une question obscure que dans une question évidente, et qu’il est bien plus facile de faire des conjectures sur une question quelconque que de parvenir à la vérité même sur une question, si facile qu’elle soit.
De tout cela on doit conclure, non pas, en vérité, qu’il ne faut appendre que l’arithmétique et la géométrie, mais seulement que ceux qui cherchent le droit chemin de la vérité ne doivent s’occuper d’aucun objet, dont ils ne puissent avoir une certitude égale à celles des démonstrations de l’arithmétique et de la géométrie. »

René Descartes – Règles pour la direction de l’esprit, 1628

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte ; du problème dont il est question.

Série E.S.

Sujet 1 : Suffit-il d’avoir le choix pour être libre ?

Sujet 2 : Pourquoi chercher à se connaître soi-même ?

Sujet 3 :

Expliquer le texte suivant :

« La différence décisive entre les outils et les machines trouve peut-être sa meilleure illustration dans la discussion apparemment sans fin sur le point de savoir si l’homme doit « s’adapter » à la machine ou la machine s’adapter à la « nature » de l’homme. Nous avons donné au premier chapitre la principale raison expliquant pourquoi pareille discussion ne peut être que stérile : si la condition humaine consiste en ce que l’homme est un être conditionné pour qui toute chose, donnée ou fabriquée, devient immédiatement condition de son existence ultérieure, l’homme s’est « adapté » à un milieu de machines dès le moment où il les a inventées. Elles sont certainement devenues une condition de notre existence aussi inaliénable que les outils aux époques précédentes. L’intérêt de la discussion à notre point de vue tient donc plutôt au fait que cette question d’adaptation puisse même se poser. On ne s’était jamais demandé si l’homme était adapté ou avait besoin de s’adapter aux outils dont il se servait : autant vouloir l’adapter à ses mains. Le cas des machines est tout différent. Tandis que les outils d’artisanat à toutes les phases du processus de l’oeuvre restent les serviteurs de la main, les machines exigent que le travailleur les serve et qu’il adapte le rythme naturel de son corps à leur mouvement mécanique. Cela ne veut pas dire que les hommes en tant que tels s’adaptent ou s’asservissent à leurs machines ; mais cela signifie bien que pendant toute la durée du travail à la machine, le processus mécanique remplace le rythme du corps humain. L’outil le plus raffiné reste au service de la main qu’il ne peut ni guider ni remplacer. La machine la plus primitive guide le travail corporel et éventuellement le remplace tout à fait. »
Hannah ARENDT
Condition de l’homme moderne, Chap. IV (l’oeuvre)
éd. Calman-Lévy, coll. Presse Pocket, pp. 199-200

La connaissance de l’auteur n’est pas requise. Il faut et if suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont if est question.

Séries technologiques sauf TMD

Sujet 1 : Les échanges sont-ils toujours intéressés ?

Sujet 2 : Une vérité peut-elle être définitive ?

Sujet 3 :

« SOCRATE. Celui qui garde son injustice au lieu d’en être délivré, est le plus malheureux de tous.
Polos. Cela semble certain.
Socrate. N’est-ce pas précisément le cas de l’homme qui, tout en commettant les crimes les plus abominables, et en vivant dans la plus parfaite injustice, réussit à éviter les avertissements, les châtiments, le paiement de sa peine,
comme tu dis qu’y est parvenu cet Archélaos*, ainsi que tous les tyrans, les orateurs et les hommes d’État les plus puissants ?
Polos. C’est vraisemblable.
Socrate. Quand je considère le résultat auquel aboutissent les gens de cette sorte, je les comparerais volontiers à un malade qui, souffrant de mille maux très graves, parviendrait à ne point rendre de comptes aux médecins sur ses maladies et à éviter tout traitement, craignant comme un enfant l’application du fer et du feu**, parce que cela fait mal. N’est-ce point ton avis ?
Polos. Tout à fait.
Socrate. C’est sans doute qu’il ne saurait pas le prix de la santé et d’une bonne constitution. A en juger par les principes que nous avons reconnus vrais, ceux qui cherchent à ne pas rendre de comptes à la justice. Polos, pourraient bien être également des gens qui voient ce qu’elle comporte de douloureux, mais qui sont aveugles sur ce qu’elle a d’utile, et qui ne savent pas combien il est plus lamentable de vivre avec une âme malsaine, c’est-à-dire corrompue, injuste et impure, que celle d’un corps malsain. De là tous leurs efforts pour échapper à la punition, pour éviter qu’on les débarrasse du plus grand des maux. »

PLATON, Gorgias (478e-479c)

* Archélaos : tyran dont Polos a affirmé qu’il est heureux puisque son pouvoir lui permet de faire tout ce qui ui plaît sans avoir de comptes à rendre à personne.
** l’application du fer et du feu : techniques médicales de soin

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1. Dégagez la thèse de ce texte et montrez comment est est établie.

2. a) En vous appuyant sur l’exemple d’Archélaos, expliquez pourquoi celui « qui garde son injustice au lieu d’en être délivré, est le plus malheureux de tous. »

2.b) Expliquez en quoi l’homme injuste est semblable à un malade.

3. Celui qui vit dans l’injustice et qui cherche à échapper à la punition est-il le plus malheureux des hommes ?

 

Série TMD

Sujet 1 : La diversité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain ?

Sujet 2 : Peut-on être indifférent à la vérité ?

Sujet 3 :

« Le sentiment d’un tribunal intérieur inscrit en l’homme (« devant lequel ses pensées s’accusent ou se disculpent l’une l’autre ») correspond à la conscience morale. Tout homme a une telle conscience et se trouve observé, menacé et, en général, tenu en respect (un respect lié à la crainte) par un juge intérieur, et cette puissance qui, en lui, veille sur les lois n’est pas quelque chose qu’il se forge lui-même (arbitrairement), mais elle est incorporée dans son être. Elle le suit comme son ombre s’il songe à lui échapper. Il peut certes par des plaisirs et des distractions se rendre insensible ou s’endormir, mais il ne peut éviter par la suite de revenir à soi-même ou de se réveiller dès qu’il perçoit la voix terrible de cette conscience. Au demeurant peut-il en arriver à l’extrême infamie où il ne se préoccupe plus du tout de cette voix, mais il ne peut du moins éviter de l’entendre. »

KANT, Doctrine de la vertu, 1795.

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1. Dégagez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.
2. En vous appuyant sur des exemples :
a. Analysez l’image du « tribunal intérieur » ;
b. expliquez : « elle est incorporée dans son être » ;
c. expliquez : « il ne peut éviter par la suite de revenir à soi-même ou de se réveiller » ;
d. expliquez en quoi même quand « il ne se préoccupe plus du tout de cette voix », « il ne peut […] éviter de l’entendre ».

3. La voix de la conscience morale se fait-elle toujours entendre ?

 

 

 

Baccalauréat 2015
Métropole
Le candidat traitera, au choix,l’undes trois sujets suivants :
1er sujet :Respecter tout être vivant, est-ce un devoir moral ?
2ème sujet :Suis-je ce que mon passé a fait de moi ?
3ème sujet :Expliquer le texte suivant : Les croyances dogmatiques sont plus ou moins nombreuses, suivant les temps. Elles naissent de différentes manières et peuvent changer de forme et d’objet ; mais on ne saurait faire qu’il n’y ait pas de croyances dogmatiques, c’estàdire d’opinions que les hommes reçoivent de confiance et sans les discuter. Si chacun entreprenait luimême de former toutes ses opinions et de poursuivre isolément la vérité dans des chemins frayés par lui seul, il n’est pas probable qu’un grand nombre d’hommes dût jamais se réunir dans aucune croyance commune. Or, il est facile de voir qu’il n’y a pas de société qui puisse prospérer sans croyances semblables, ou plutôt il n’y en a point qui subsistent ainsi ; car, sans idées communes, il n’y a pas d’action commune, et, sans action commune, il existe encore des hommes, mais non un corps social. Pour qu’il y ait société, et, à plus forte raison, pour que cette société prospère, il faut donc que tous les esprits des citoyens soient toujours rassemblés et tenus ensemble par quelques idées principales ; et cela ne saurait être, à moins que chacun d’eux ne vienne quelquefois puiser ses opinions à une même source et ne consente à recevoir un certain nombre de croyances toutes faites. Si je considère maintenant l’homme à part, je trouve que les croyances dogmatiques ne lui sont pas moins indispensables pour vivre seul que pour agir en commun avec ses semblables. TOCQUEVILLE,De la démocratie en Amérique, 1840. La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Ilfaut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.
Série S
1 Une œuvre d’art a-t-elle toujours un sens ?
2 La politique échappe-t-elle à l’exigence de vérité ?
3 Expliquez le texte suivant :Comment peut-on prévoir un événement dépourvu de toute cause ou de tout indice qui explique qu’il se produira ? Les éclipses du soleil et de la lune sont annoncées avec beaucoup d’années d’anticipation par ceux qui étudient à l’aide de calculs les mouvements des astres. De fait, ils annoncent ce que la loi naturelle réalisera. Du mouvement invariable de la lune, ils déduisent à quel moment la lune, à l’opposé du soleil, entre dans l’ombre de la terre, qui est un cône de ténèbres, de telle sorte qu’elle s’obscurcit nécessairement. Ils savent aussi quand la même lune en passant sous le soleil et en s’intercalant entre lui et la terre, cache la lumière du soleil à nos yeux, et dans quel signe chaque planète se trouvera à tout moment, quels seront le lever ou le coucher journaliers des différentes constellations. Tu vois quels sont les raisonnements effectués par ceux qui prédisent ces événements. Ceux qui prédisent la découverte d’un trésor ou l’arrivée d’un héritage, sur quel indice se fondent-ils ? Ou bien, dans quelle loi naturelle se trouve-t-il que cela arrivera ? Et si ces faits et ceux du même genre sont soumis à pareille nécessité, quel est l’événement dont il faudra admettre qu’il arrive par accident ou par pur hasard ? En effet, rien n’est à ce point contraire à la régularité rationnelle que le hasard, au point que même un dieu ne possède pas à mes yeux le privilège de savoir ce qui se produira par hasard ou par accident. Car s’il le sait, l’événement arrivera certainement ; mais s’il se produit certainement, il n’y a plus de hasard ; or le hasard existe : par conséquent, il n’y a pas de prévision d’événements fortuits. er Cicéron,De la divination, 1 siècle avant J.-C.
La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question
Série ES
1 La conscience de l’individu n’est-elle que le reflet de la société à laquelle il appartient ?
2.L’artiste donne-t-il quelque chose à comprendre ?
3.Expliquez le texte suivant : « Dans un État démocratique, des ordres absurdes ne sont guère à craindre, car il est presque impossible que la majorité d’une grande assemblée se mette d’accord sur une seule et même absurdité. Cela est peu à craindre, également, à raison du fondement et de la fin de la démocratie, qui n’est autre que de soustraire les hommes 1 à la domination absurde de l’appétit et à les maintenir, autant qu’il est possible, dans les limites de la raison, pour qu’ils vivent dans la concorde et dans la paix. Ôté ce fondement, tout l’édifice s’écroule aisément. Au seul souverain, donc, il appartient d’y pourvoir ; aux sujets, il appartient d’exécuter ses commandements et de ne reconnaître comme droit que ce que le souverain déclare être le droit. Peut-être pensera-t-on que, par ce principe, nous faisons des sujets des esclaves ; on pense en effet que l’esclave est celui qui agit par commandement et l’homme libre celui qui agit selon son caprice. Cela cependant n’ ; car enest pas absolument vrai réalité, celui qui est captif de son plaisir, incapable de voir et de faire ce qui lui est utile, est le plus grand des esclaves, et seul est libre celui qui vit, de toute son âme, sous la seule conduite de la raison. » SPINOZA,Traité théologico-politique(1670)

Guadeloupe

Baccalauréat Général

Série Littéraire 
1er sujet : Science et religion s’opposent-elles ?
2ème sujet : Suffit-il d’avoir des droits pour être libre ?
3ème sujet : Extrait de De la tranquilité de l’âme de Sénèque

Série Scientifique
1er sujet : La connaissance scientifique élimine-t-elle toute croyance ?
2ème sujet : Faut-il renoncer à expliquer une oeuvre d’art ?
3ème sujet : Extrait de Léviathan de Hobbes

Série ES
1er sujet : L’art est-il nécessaire à l’homme ?
2ème sujet : Puis-je renoncer à ma liberté ?
3ème sujet : Extrait d’Ethique à Nicomaque d’Aristote

Baccalauréat technologique

Toutes séries sauf TMD
1er sujet : Peut-on se faire justice soi-même ?
2ème sujet : Un homme se définit-il par sa culture ?
3ème sujet : Explication de texte Extrait de Propédeutique philosophique d’Hegel

Les élèves de Terminale de Pondichéry, en Inde, sont chaque année les premiers à passer leur bac. Voici le sujet de philosophie qui a été soumis aux élèves de la série S lundi 13 avril 2015.

Baccalauréat général – Série S – Philosophie 1/2 Session 2015


BACCALAURÉAT GÉNÉRAL SESSION 2015
Épreuve de philosophie
SERIE S
Durée : 4 heures Coefficient : 3
L’usage des calculatrices est interdit.
LE CANDIDAT DOIT TRAITER L’UN DES TROIS SUJETS SUIVANTS AU CHOIX.
Dès que le sujet vous est remis, assurez-vous qu’il est complet. Ce sujet comporte 2 pages, numérotées de 1/2 à 2/2.

15PHSCIN1 Baccalauréat général – Série S – Philosophie 2/2

Session 2015

Sujet n°1
Sommes-nous des citoyens du monde ?
Sujet n°2
La connaissance peut-elle nuire au bonheur ?

Sujet n°3
Expliquer le texte suivant : La vanité de l’esprit humain l’écarte et le retarde dans sa marche. Il craint de s’avilir 1 dans les détails. Méditer sur un brin d’herbe, raisonner sur une mouche : manier le scalpel, disséquer des atomes, courir les champs pour trouver un caillou, quelle gloire y a-t-il, dans ces occupations mécaniques ; mais surtout quel profit, au prix de la peine ? Cette erreur prend sa source dans une autre qui part du même orgueil, et c’est la persuasion, où l’on s’entretient, que la vérité est comme innée dans notre entendement, qu’elle ne peut y entrer par les sens, qui servent plutôt à le troubler qu’à l’éclairer. Cette prévention2, ou plutôt cette aliénation de l’esprit, est fomentée par les partisans mêmes des sens ; car en prétendant que nous recevons toutes les vérités par ce canal, ils n’ont pas laissé3de perdre leur temps à la spéculation, et d’abandonner l’histoire de la nature, pour suivre les écarts de l’imagination. L’entendement crée des êtres à sa façon, c’est-à-dire, des êtres imaginables. Ses conceptions lui représentent la possibilité, et non pas l’existence des choses. De là le règne des idées abstraites, ou le monde fantastique des intellectuels, tellement accrédité par une espèce de superstition pour les choses outrées, que leurs rêves sont devenus un délire général. Tel est l’abus de cette métaphysique qui, supposant des images sans modèles, et des idées sans objet, fait de cet univers une illusion perpétuelle, et comme un chaos de ténèbres palpables. Le dégoût pour ce qu’on appelle les petites choses dans l’observation, est la marque d’un esprit étroit, qui n’aperçoit pas l’ensemble des parties et l’unité des principes. Tout ce qui entre dans l’essence des causes, est l’objet de la science de l’homme ; car la science n’est elle-même que la connaissance des causes.

Francis BACON (1561-1626),
Pensées et vues générale ou récapitulation.

1. Se rabaisser. 2. L’ensemble des préjugés qui faussent le jugement. 3. Ils ont perdu leur temps à la spéculation.
La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question

Sujets bac 2015

date jnum14 dat. 2015 | Maryse Emel webmestre, photos


Les élèves de Terminale de Pondichéry, en Inde, sont chaque année les premiers à passer leur bac. Voici le sujet de philosophie qui a été soumis aux élèves de la série S lundi 13 avril 2015.
BACCALAURÉAT GÉNÉRAL SESSION 2015
Épreuve de philosophie
SERIE S
Durée : 4 heures Coefficient : 3
L’usage des calculatrices est interdit.
LE CANDIDAT DOIT TRAITER L’UN DES TROIS SUJETS SUIVANTS AU CHOIX.
Dès que le sujet vous est remis, assurez-vous qu’il est complet. Ce sujet comporte 2 pages, numérotées de 1/2 à 2/2.


 Baccalauréat général – Série S – Philosophie 2/2


Session 2015


Sujet n°1
Sommes-nous des citoyens du monde ?
Sujet n°2
La connaissance peut-elle nuire au bonheur ?


Sujet n°3
Expliquer le texte suivant : La vanité de l’esprit humain l’écarte et le retarde dans sa marche. Il craint de s’avilir 1 dans les détails. Méditer sur un brin d’herbe, raisonner sur une mouche : manier le scalpel, disséquer des atomes, courir les champs pour trouver un caillou, quelle gloire y a-t-il, dans ces occupations mécaniques ; mais surtout quel profit, au prix de la peine ? Cette erreur prend sa source dans une autre qui part du même orgueil, et c’est la persuasion, où l’on s’entretient, que la vérité est comme innée dans notre entendement, qu’elle ne peut y entrer par les sens, qui servent plutôt à le troubler qu’à l’éclairer. Cette prévention2, ou plutôt cette aliénation de l’esprit, est fomentée par les partisans mêmes des sens ; car en prétendant que nous recevons toutes les vérités par ce canal, ils n’ont pas laissé3de perdre leur temps à la spéculation, et d’abandonner l’histoire de la nature, pour suivre les écarts de l’imagination. L’entendement crée des êtres à sa façon, c’est-à-dire, des êtres imaginables. Ses conceptions lui représentent la possibilité, et non pas l’existence des choses. De là le règne des idées abstraites, ou le monde fantastique des intellectuels, tellement accrédité par une espèce de superstition pour les choses outrées, que leurs rêves sont devenus un délire général. Tel est l’abus de cette métaphysique qui, supposant des images sans modèles, et des idées sans objet, fait de cet univers une illusion perpétuelle, et comme un chaos de ténèbres palpables. Le dégoût pour ce qu’on appelle les petites choses dans l’observation, est la marque d’un esprit étroit, qui n’aperçoit pas l’ensemble des parties et l’unité des principes. Tout ce qui entre dans l’essence des causes, est l’objet de la science de l’homme ; car la science n’est elle-même que la connaissance des causes.


Francis BACON (1561-1626),
Pensées et vues générale ou récapitulation.


1. Se rabaisser. 2. L’ensemble des préjugés qui faussent le jugement. 3. Ils ont perdu leur temps à la spéculation.
La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question


Washington :


Série L


Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :


1er SUJET Une parole peut-elle être sans objet ?


2ème SUJET Tout désir est-il tyrannique ?


3 ème SUJET Expliquer le texte suivant : Le plus pressant intérêt du chef, de même que son devoir le plus indispensable, est 1 de veiller à l’observation des lois dont il est le ministre ; et sur lesquelles est fondée toute son autorité. S’il doit les faire observer aux autres, à plus forte raison doit-il les observer lui-même qui jouit de toute leur faveur. Car son exemple est de telle force, que quand même le peuple voudrait bien souffrir qu’il s’affranchît du joug de la loi, il devrait se garder de profiter d’une si dangereuse prérogative, que d’autres s’efforceraient bientôt d’usurper à leur tour, et souvent à son préjudice. Au fond, comme tous les engagements de la société sont réciproques par leur nature, il n’est pas possible de se mettre au-dessus de la loi sans renoncer à ses avantages, et personne ne doit rien à quiconque prétend ne rien devoir à personne. Par la même raison, nulle exemption de la loi ne sera jamais accordée à quelque titre que ce puisse être dans un gouvernement bien policé . Les citoyens mêmes qui ont bien mérité de la patrie doivent être récompensés par des honneurs et jamais par des privilèges : car la république est à la veille de sa ruine, sitôt que quelqu’un peut penser qu’il est beau de ne pas obéir aux lois.


ROUSSEAU,Discours sur l’économie politique(1755)


Série S


« Le bonheur se trouve-t-il dans le repos ? » et « L’art instruit-il ? »


Série ES


« Sommes-nous maîtres de nos désirs ? » et « A quoi reconnaît-on qu’une théorie est scientifique ? »


Liban 2015


Série L


Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :


1er SUJET : Est-ce à l’État de faire régner la justice ?


2ème SUJET Le corps fait-il obstacle à la pensée ?


3ème SUJET Expliquer le texte suivant : Je ne saurais exprimer un jugement avec des mots, si, dès l’instant que je vais prononcer la première syllabe, je ne voyais pas déjà toutes les idées dont mon jugement est formé. Si elles ne s’offraient pas toutes à la fois, je ne saurais par où commencer, puisque je ne saurais pas ce que je voudrais dire. Il en est de même lorsque je raisonne ; je ne commencerais point, ou je ne finirais point un raisonnement, si la suite des jugements qui le composent, n’était pas en même temps présente à mon esprit. Ce n’est donc pas en parlant que je juge et que je raisonne. J’ai déjà jugé et raisonné, et ces opérations de l’esprit précèdent nécessairement le discours. En effet nous apprenons à parler, parce que nous apprenons à exprimer par des signes les idées que nous avons, et les rapports que nous apercevons entre elles. Un enfant n’apprendrait donc pas à parler, s’il n’avait pas déjà des idées, et s’il ne saisissait pas déjà des rapports. Il juge donc et il raisonne avant de savoir un mot d’aucune langue. Sa conduite en est la preuve, puisqu’il agit en conséquence des jugements qu’il porte. Mais parce que sa pensée est l’opération d’un instant, qu’elle est sans succession, et qu’il n’a point de moyen pour la décomposer, il pense, sans savoir ce qu’il fait en pensant ; et penser n’est pas encore un art pour lui. Si une pensée est sans succession dans l’esprit, elle a une succession dans le discours, où elle se décompose en autant de parties qu’elle renferme d’idées. Alors nous pouvons observer ce que nous faisons en pensant, nous pouvons nous en rendre compte ; nous pouvons par conséquent, apprendre à conduire notre réflexion. Penser devient donc un art, et cet art est l’art de parler. CONDILLAC,Cours d’études pour l’instruction du Prince de Parme(1798)


La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.


Série ES


Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :


1er SUJET : Autrui m’apprendil quelque chose sur moimême ? 2ème SUJET : L’individu doitil se méfier de l’Etat ?


3ème SUJET : Expliquez le texte suivant : Tant que l’on n’a pas bien compris la liaison de toutes choses et l’enchaînement des causes et des effets, on est accablé par l’avenir. Un rêve ou la parole d’un sorcier tuent nos espérances ; le présage est dans toutes les avenues. Idée théologique. Chacun connaît la fable de ce poète à qui il avait été prédit qu’il mourrait de la chute d’une maison ; il se mit à la belle étoile ; mais les dieux n’en voulurent point démordre, et un aigle laissa tomber une tortue sur sa tête chauve, la prenant pour une pierre. On conte aussi l’histoire d’unfils de roi qui, selon l’oracle, devait périr par un lion ; on le garda au logis avec les femmes ; mais il se fâcha contre une tapisserie qui représentait un lion, s’écorcha le poing sur un mauvais clou, et mourut de gangrène.L’idée qui sort de ces contes, c’est la prédestination, que des théologiens mirent plus tard en doctrine ; et cela s’exprime ainsi : la destinée de chacun est fixée quoi qu’il fasse. Ce qui n’est point scientifique du tout ; car ce fatalisme revient à dire : « Quelles que soient les causes, le même effet en résultera. » Or, nous savons que si la cause est autre, l’effet sera autre. Et nous détruisons ce fantôme d’un avenir inévitable par le raisonnement suivant ; supposons que je connaisse que je serai écrasé par tel mur tel jour à telle heure ; cette connaissance fera justement manquer la prédiction. C’est ainsi que nous vivons ; à chaque instant nous échappons à un malheur parce que nous le prévoyons ; ainsi ce que nous prévoyons, et très raisonnablement, n’arrive pas. Cette automobile m’écrasera si je reste au milieu de la route ; mais je n’y reste pas.


ALAIN, Propos du 28 août 1911.


La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.


Série S


1er sujet L’art est-il une affaire de goût personnel ?


2e sujet La justice ne relève-t-elle que de l’État ?


3e sujet Expliquez le texte suivant : « Au spectacle d’une cascade, nous pensons voir caprice et arbitraire dans les innombrables courbures, ondulations et brisements de ses vagues ; mais tout y est nécessaire, le moindre remous mathématiquement calculable. Il en est de même pour les actions humaines ; on devrait, si l’on était omniscient, pouvoir calculer d’avance un acte après l’autre, aussi bien que chaque progrès de la connaissance, chaque erreur, chaque méchanceté. Le sujet qui agit est quant à lui, sans doute, pris dans l’illusion de son libre arbitre ; mais si la roue du monde venait à s’arrêter un instant et qu’il y eût une intelligence omnisciente, calculatrice, pour mettre à profit de telles pauses, elle pourrait, à partir de là, prédire l’avenir de chacun des êtres jusqu’aux temps les plus éloignés et marquer toutes les traces dans lesquelles cette roue passera encore. L’illusion de l’acteur sur lui-même, le postulat de son libre arbitre, font partie intégrante de ce mécanisme à calculer. » NIETZSCHE,Humain trop humain(1878)


La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question

 

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